"L'Hypertension Artérielle
en 200 Questions"
Par le Dr. P.Laurent,
Cardiologue, spécialiste de l'hypertension artérielle
et auteur du site e-Cardiologie.
Eviter la progression des lésions
dans tous les cas.
2 - Moyens
Le traitement antiagrégant
plaquettaire est à base d'aspirine à la
dose de 100 à 300mg/jour. En cas de contre-indication digestive
ou allergique à l’aspirine, le clopidogrel (Plavix®) à la
dose de 1 comprimé/jour est une alternative.
Parfois, dans des conditions
particulières (en cas d’hyper-aggrégabilité plaquettaires
au cours d’une pathologie hématologique par exemple), une
association aspirine-clopidogrel peut être proposée.
En plus du traitement anti-aggrégant plaquettaire, un traitement
vasodilatateur est proposé, utilisant par exemple des inhibiteurs
calcique (amlodipine par exemple) ou encore de la Pentoxifylline (Torental®).
Le traitement des facteurs
de risque cardiovasculaire passe par l'arrêt
impératif du tabac (un artéritique qui fume est "mal
soigné").Selon les cas, le traitement d'une hypertension artérielle
est nécessaire mais prudent et évitant les béta-bloquants,
alors que le traitement d'une hypercholestérolémie ou d'un diabète
est obligatoire.
Le reste du traitement médical
de la douleur musculaire est basé sur un programme de rééducation
et de marche.
Le traitement médical
de la douleur critique et de larrêt dapport de sang
au membre précède, accompagne et succède au
traitement chirurgical. Il associe en hospitalisation: le placement
du membre en légère déclivité (incliné vers
le bas), l'administration dhéparine, les médicaments
anti-douleurs ainsi que des traitements vasodilatateurs par voie
intra-veineuse. Les soins locaux et le traitement antibiotique sont
obligatoires en cas de lésions au niveau de la peau ou de
surinfection.
Les méthodes
chirurgicales et interventionnelles sont nombreuses:
- Les pontages artériels
laissent les lésions en place en les court-circuitant par un greffon
veineux (la veine saphène est généralement prélevée
au niveau de la jambe) le plus souvent, ou
à l’aide de matériel synthétique.
Ils peuvent être anatomiques ou extra-anatomiques, pour éviter
une zone infectée ou pour proposer au patient une intervention
moins risquée.
Les pontages aorto-iliaques
(entre l’aorte et l’artère
iliaque) et aorto-fémoraux (entre l’aorte et l’artère
fémorale) permettent une cure complète des lésions
diffuses étendues. Les progrès réalisés dernièrement
rendent possibles des pontages distaux de la jambe ou du pied.
Les pontages sus-articulaires
ont une très bonne perméabilité, alors que les pontages
sous-articulaires ne fonctionnent bien que s'ils sont d'origine veineuse.-
L'endartériectomie consiste à enlèver la zone rétrécie
de lartère malade. Cette méthode n'est pas exempte
des risques de nouvelle occlusion ou d'anévrysme sur une zone artérielle
fragilisée.
- Les techniques consistant
à intervenir directement dans le vaisseau sans ouvrir sont très
variées mais leurs résultats ne sont pas
toujours à la hauteur
des espérances premières. Elles se font sous contrôle
de la vue par angioscopie ou échographie:
- Dilatation d'un obstacle
par un ballonnet ;
- Perforation au laser d'une occlusion ;
- Mise en place d'une prothèse dans lartère, qui la
maintiendra ouverte.
- L'amputation se doit d'être la plus économique possible
pour faciliter l'appareillage ultérieur.
3 - Indications
a- Dans tous les cas d'artérite des membres inférieurs
stade I ou II, le traitement médical doit d’abord être
débuté. Un indice systolique distal<0,75 observé lors
de la réalisation d’une échographie doppler des membres
inférieurs guide souvent le choix entre un traitement médical
ou chirurgical.
b- Dès qu'une douleur
musculaire grave apparaît (stade IIfort), et à fortiori dans
les stades plus avancés, une revascularisation
(instrumentale ou chirurgicale)
doit être
discutée. C'est une discussion difficile mais schématiquement:
- Les douleurs permanentes
et les lésions artérielles diffuses sont chirurgicales par
pontage ;
- les lésions artérielles
courtes et proximales font préférer l'angioplastie.
c- L'amputation est malheureusement
indiquée devant une gangrène, une absence darrivée
de sang
prolongée dans le membre malade. En dehors de ces cadres, elle n'est que
secondaire après avoir épuisé toutes les possibilités
thérapeutiques.
4 - Résultats
Malgré le développement
des techniques chirurgicales et de radiologie interventionnelle, le nombre
d'amputation n'a pas diminué. Ceci est probablement dû à
l'évolution imprévisible de l'affection.
La mise en place dune
prothèse dans lartère est suivie d'une nouvelle
occlusion de lartère dans 20% des cas et à une
complication dans 1%, obligeant à une intervention.
La chirurgie n'est pas exempte
de risques vasculaires: ceux-ci ont été exposés dans
le chapitre sur les 'anévrysmes aortiques'. S'y ajoutent l'occlusion
aiguë du pontage et l'infection.
5 - Surveillance
L'occlusion aiguë d'un
pontage oblige à la surveillance après lopération
à laide de la pratique dune échographie-doppler
artérielle. Une dilatation, un anévrysme ou la constitution
dun nouvel obstacle sur lartère impose une reprise
chirurgicale rapide.
Une infection peut survenir
sur un mode aigu ou précoce, ou chronique et tardive. Son expression
est très variée (fièvre, choc septique, anévrysme
infectieux et rupture artérielle). La conduite à tenir consiste
en l'ablation du matériel de pontage et le rétablissement
de la continuité par la réalisation dun pontage différent.
CONCLUSION
L'artérite des membres
inférieurs est en elle-même une maladie bénigne en
dehors des formes avancées et compliquées. Le traitement
médical permet une amélioration s'il est bien appliqué.
Ailleurs, le traitement est chirurgical ou radiologique interventionnel.
La découverte d'une
artérite des membres inférieurs est l'occasion de faire
un bilan complet des autres artères et peut déboucher
sur un traitement spécifique
en fonction des lésions retrouvées.
Dernière
modification de cette fiche : 27/08/2008
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