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L'Hypertension
Artérielle en 200 Questions Comment mesurer la pression artérielle ? 12 - Quel est le principe de mesure ? La méthode la plus fiable consisterait à introduire un capteur directement dans une artère, relié à un système de lecture. Cette technique invasive (et donc très agressive) est pratiquée dans certains cas, pour confirmer une hypertension artérielle évaluée à l’aide d’un brassard, ou lors de la réalisation d’une coronarographie (radiographie des artères du cœur, les artères « coronaires »). Dans la majorité des cas, la pression est estimée par la mesure de la contre-pression artérielle, évaluée à l’aide d’un brassard. Le principe consiste à gonfler ce brassard de manière à aplatir l’artère et à empêcher le passage du sang. Puis le brassard est progressivement dégonflé ; le sang commence à passer, ce qui signifie que la pression exercée par le brassard sur l’artère est légèrement inférieure (ou égale) à la pression à l’intérieur du vaisseau. A ce moment, le médecin entend très clairement avec son stéthoscope un bruit qui correspond à la pression artérielle maximale. Enfin, le brassard est dégonflé jusqu’à ce que sa pression autorise sans obstacle l’écoulement du sang. A ce moment, le bruit disparaît et la pression artérielle mesurée correspond à la minimale. Aussi le chiffrage de la pression artérielle n’est-il qu’approximatif par rapport à la pression artérielle qui serait réellement mesurée dans l’artère, car il s’agit uniquement de la mesure d’une contre-pression. La mesure de la fréquence cardiaque est systématiquement couplée à celle de la pression artérielle. 13 - Où mesure-t-on la pression artérielle ? Lorsqu’une méthode invasive est utilisée (dont le principe consiste à introduire un capteur directement dans l’artère), la pression peut être mesurée à n’importe quel endroit du réseau artériel. La pression de référence est celle mesurée au bras, plus précisément au regard de l’artère humérale. La pression artérielle peut également être mesurée au poignet (grâce à l’utilisation d’appareils automatiques) ou de la cheville (type de mesure réalisée essentiellement dans les services de réanimation). Certains appareils (tonométres) enregistrent la pression par contact avec les pulsations de l’artère sur la peau, au niveau de l’artère du cou (carotide), de l’artère du pli de l’aine (fémorale) ou de l’artère du poignet (radiale). Ces mêmes appareils permettent de calculer la pression au niveau de l’aorte (pression artérielle centrale), à l’aide de l’analyse de la courbe de pression enregistrée au niveau de l’artère du cou (par exemple) et de l’utilisation de logiciels informatiques. Néanmoins, ces appareils ne sont que très peu utilisés en pratique clinique, au cabinet du médecin. 14 - Quelle est la méthode de mesure la plus fiable ? La méthode la plus fiable est celle qui consiste à enregistrer la pression artérielle directement dans l’artère, méthode invasive généralement assez agressive. Les méthodes de mesure de la pression artérielle à l’aide d’un brassard (celles couramment utilisées) sont relativement fiables, sous réserve que le protocole soit strictement respecté. Lorsque cette technique est utilisée, le site de mesure le plus fiable est le bras, comparativement au poignet ou à la cheville. Par rapport à la méthode de référence, invasive, les appareils de mesure de la pression artérielle utilisant un brassard ont tendance à sous-estimer la pression artérielle maximale (la systolique) de 10 mmHg et à surestimer la minimale (diastolique) également de 10 mmHg. Bien entendu, des variations individuelles plus importantes peuvent être observées. 15 - Quels sont les appareils de mesure de la pression artérielle ? Les appareils et techniques de mesure diffèrent selon le lieu ou le mode de mesure de la pression artérielle. La mesure directe dans l’artère (méthode invasive) nécessite l’utilisation de cathéters (sortes de tuyaux) creux, introduits dans l’artère préalablement « ouverte » grâce à une aiguille par laquelle passe la sonde. Puis, à partir de ce point de ponction, la sonde est poussée dans l’artère et atteint ainsi d’autres territoires artériels. Ces cathéters sont remplis de liquide physiologique et reliés à un appareil électronique de mesure de pression. Une méthode invasive moins répandue (surtout utilisée dans les protocoles de recherche) consiste à mettre en place dans l’artère, selon la technique précédente, un capteur électronique capable de mesurer directement la pression artérielle au contact du sang. Les techniques non-invasives reposent sur du matériel constitué par un brassard relié à un sphygmomanomètre à mercure. Le sphygmomanomètre est un appareil transcrivant la pression mesurée au niveau du brassard en pression artérielle estimée dans l’artère. La pression artérielle présente dans le brassard est obtenue grâce à une colonne de mercure (méthode la plus utilisée jusqu’au début des années 1990), ou par transmission de la pression au travers d’une membrane (sphygmomanomètre anéroïde). Le brassard et le système de transcription de la pression artérielle (mercure ou membrane) ne permettent que de mesurer la pression présente dans le brassard. Or, pour obtenir une valeur de pression artérielle, cette pression mesurée dans le brassard doit être très proche de la pression artérielle. Afin d’établir la valeur de pression artérielle, il sera donc nécessaire d’écouter les bruits émis par l’artère lors du dégonflage du brassard. Ainsi, deux techniques d’écoute sont possibles : une technique manuelle, consistant à écouter avec les oreilles, via un stéthoscope, le bruit émis par l’artère ; une technique automatique, utilisant un microphone (remplaçant alors les oreilles). Comme le mercure est dorénavant interdit dans l’Union européenne, les sphygmomanomètres sont actuellement dotés d’une autre substance, ou remplacés par des membranes qui transcrivent la pression artérielle. Une autre technique de mesure de la pression artérielle consiste à appliquer sur la peau un appareil, le tonométre, directement en regard de l’artère battante. La courbe de pression artérielle apparaît alors et le médecin a la possibilité, grâce à des techniques informatiques, de connaître la pression artérielle au niveau de l’aorte. Cette technique est principalement utilisée pour enregistrer la courbe de pression d’artères facilement palpables, telles que celles du cou (artère carotide) ou du poignet (radiale). Cette technique est très peu utilisée par les médecins généralistes, du fait de son coût, et s’emploie principalement lors de protocoles de recherche. Enfin, la pression artérielle peut être mesurée à l’aide de la technique par photopléthysmographie, permettant de recueillir les données au niveau des artères des doigts. Un petit coussinet est gonflé autour du doigt et la pression maintenue constante. Toute variation de pression au niveau de l’artère qui irrigue le doigt entraîne alors une modification de pression dans le coussinet, qui se traduit par une modification de la courbe de pression enregistrée sur un écran. 16 - Quelles sont les deux méthodes les plus couramment utilisées pour mesurer la pression artérielle ? Pour répondre à cette question, nous nous limiterons aux matériels utilisant le brassard et le sphygmomanomètre. Deux méthodes sont appliquées dans ce cas lors de la visite chez votre médecin, les méthodes auscultatoire et oscillométrique. 17 - Qu’appelle-t-on la méthode auscultatoire ? La méthode auscultatoire consiste à écouter les bruits émis par l’artère lorsque le brassard se dégonfle. Lorsque l’artère est comprimée, aucun bruit n’est audible par le médecin qui écoute avec son stéthoscope ou, pour les appareils de mesure automatique de la pression artérielle, par le microphone qui remplace les oreilles du praticien. Puis, lorsque la pression diminue dans le brassard, l’artère commence à émettre un bruit ; la pression alors mesurée sur l’appareil ou le sphygmomanomètre (colonne de mercure, par exemple) correspond à la pression artérielle maximale, ou pression artérielle systolique. Le bruit continue ensuite à être audible lors de la décroissance de pression dans le brassard, jusqu’à un moment où il disparaît : la pression alors lue sur l’appareil constitue la pression artérielle minimale, ou « pression artérielle diastolique ». 1 - Le matériel de mesure comprend un brassard gonflable, un cadran de mesure et un stéthoscope. Le brassard comprimant l’artère du bras, le sang ne passe plus : aucun bruit est perçu via le stéthoscope.
2 - Le brassard est dégonflé lentement, le sang commence à passer dans l’artère: un bruit est perçu par le stéthoscope et la valeur de la pression artérielle doit être lue au même moment sur le cadran. La pression artérielle mesurée à cet instant est la pression artérielle maximale, dite systolique.
3 - Le brassard continue de se dégonfler. Le sang passe de mieux en mieux et un bruit est toujours perçu par le stéthoscope.
4 - Plus le brassard se dégonfle, moins le bruit est audible par le stéthoscope, jusqu’au moment où il disparaît : la pression artérielle est alors lue sur le cadran et définit la minima, c’est-à-dire la pression artérielle diastolique.
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Table
des Matières
Extrait du livre
| Avant-propos Introduction PREMIERE PARTIE COMMENT DEFINIR LA PRESSION ARTERIELLE ET L’HYPERTENSION ARTERIELLE ? Qu’est-ce que la pression artérielle ? 1 - Qu’est-ce
qu’une artère ? Comment mesurer la pression artérielle ? 12
- Quel est le principe de mesure ? Quelle est la définition et l’épidémiologie de l’hypertension artérielle ? 29
- Comment définir l’hypertension artérielle ? Quels sont les facteurs responsables de l’apparition d’une hypertension artérielle ? 41 -
L’hypertension artérielle est-elle transmise génétiquement ? DEUXIEME PARTIE QUELLE EST LA PRISE EN CHARGE INITIALE, AVANT TRAITEMENT, DE L’HYPERTENSION ARTERIELLE ? Comment confirmer une hypertension artérielle ? 46 -
D’après quelle mesure de pression artérielle confirmer
une hypertension ? L’hypertension artérielle nécessite-elle une vigilance particulière ? 53 -
A quelle catégorie d’hypertendus appartenez-vous ? Comment rechercher la cause de l’hypertension artérielle ? 61 -
La recherche de la cause d’une hypertension artérielle
est-elle systématique ? Si on suspecte une cause d’hypertension, comment en faire le diagnostic ? 68 -
Une hypertension artérielle peut-elle être due à
la prise d’un produit particulier ? Quand une cause est confirmée, comment la traiter ? 78 -
Peut-on arrêter les médicaments à l’origine
de l’hypertension artérielle ? Comment évaluer le retentissement de l’hypertension artérielle ? 88 -
Comment évaluer le retentissement de l’hypertension artérielle
au niveau du cœur ? TROISIEME PARTIE COMMENT L’HYPERTENSION ARTERIELLE EST-ELLE TRAITEE ? Les modifications du mode de vie peuvent-elles abaisser la pression artérielle ? 94 -
La pratique de l’activité sportive peut-elle abaisser le
niveau de pression artérielle ? Comment prendre en charge les autres facteurs de risque cardiovasculaire ? 100 -
Comment lutter contre la sédentarité ? Quels sont les moyens médicamenteux dont le médecin dispose ? 106 -
Quelle hypertension artérielle doit être traitée
rapidement à l’aide de médicaments ? Comment fonctionnent les médicaments anti-hypertenseurs ? 115 -
Comment fonctionnent les béta-bloquants ? Quelles sont les principales contre-indications et effets secondaires de ces traitements ? 125 -
Quelles sont les principales contre-indications des béta-bloquants ? Comment traiter médicalement une hypertension artérielle ? 139 -
Est-on en danger immédiat lors qu’une hypertension artérielle
est diagnostiquée ? QUATRIEME PARTIE COMMENT L’HYPERTENSION ARTERIELLE DOIT-ELLE ETRE SUIVIE ? Comment se faire suivre par son médecin ? 151 -
A quel rythme doit-on consulter son médecin ? Comment évaluer au mieux la pression artérielle ? 156 -
Les mesures de pression artérielle effectuées chez le
médecin sont-elles suffisantes ? Comment adapter le traitement ? 162 -
Est-il possible de baisser les doses de médicaments ? Que faire si une hypertension résiste au traitement ? 169 -
Comment définit-on une hypertension artérielle résistante
au traitement ? CINQUIEME PARTIE QUELQUES THEMES-PHARES LIES A L’HYPERTENSION ARTERIELLE L’hypertension artérielle et les personnes âgées 172 -
Quelle est la définition de l’hypertension artérielle
pour cette population ? L’hypertension artérielle chez l’enfant 177 -
La définition de l’hypertension artérielle de l’enfant
est-elle la même que celle de l’adulte ? L’hypertension artérielle et la grossesse 181 -
Quelle est la définition de l’hypertension artérielle
en cas de grossesse ? L’hypertension artérielle, la contraception orale et le traitement substitutif de la ménopause 189 -
Quels sont les effets d’une contraception orale sur la pression
artérielle ? L’hypertension artérielle et le sport 193 -
Quelle est l’influence du sport (ou de l’effort physique)
sur la pression artérielle ? Quelques questions subsidiaires L’hypertension artérielle et la sexualité -
L’hypertension artérielle a-t-elle une influence sur la
sexualité ? L’hypertension artérielle et l’anesthésie générale -
Quels sont les risques liés à une hypertension artérielle
lors de la réalisation d’une anesthésie générale ? Annexes |